Documentation
Port série à distance : RS-232 et USB-série sur IP, sans convertisseur
Un port série à distance, c’est un besoin vieux comme l’industrie : la console de maintenance, l’instrument, le banc de test est là-bas, et l’outil qui doit lui parler est ici. Le marché répond avec des convertisseurs matériels serial-to-Ethernet ou des logiciels de redirection de port COM. Virtual-IO, la fonction de déport série de VIGIL-MESH, intègre ce déport au réseau privé lui-même : la machine qui possède le port le partage, les machines autorisées montent un port COM virtuel (Windows) ou un pty (Linux) — chiffré de bout en bout, sans matériel supplémentaire.
Le besoin : parler à un port série qui n’est pas dans la pièce
Le RS-232 et ses descendants n’ont pas disparu : ils se sont retranchés là où ils sont irremplaçables. Quatre situations reviennent constamment.
La console de maintenance
Onduleur, commutateur, automate, variateur : l’interface de diagnostic du constructeur est un port série, et l’équipement est sur un autre site.
Le capteur ou l’instrument
Balance, centrale de mesure, analyseur, GPS : l’instrument débite ses trames sur une liaison série, et le logiciel d’acquisition tourne ailleurs.
Le banc de test
La carte en cours de validation expose sa sortie série sur le banc, à l’atelier — et l’équipe qui la débogue travaille à distance.
L’équipement legacy
La machine a trente ans, son logiciel de pilotage ne connaît que COM1 à COM9, et il n’existe aucune version « réseau ». Personne ne la remplacera pour si peu.
La réponse classique : un convertisseur matériel serial-to-Ethernet (Moxa NPort, Perle IOLAN, Digi PortServer…) posé près de l’équipement, plus un logiciel de redirection COM sur le poste client, plus un chemin réseau entre les deux — VPN, redirection de port, ou pire. Cela fonctionne, mais c’est un boîtier à acheter et à maintenir par port, une configuration réseau par site, et un chiffrement qui dépend du modèle. Virtual-IO supprime la couche matérielle et la question du chemin réseau : le déport série est une fonction du mesh, au même titre que son chiffrement de bout en bout.
DémontréComment ça marche : un provider, des consommateurs
La machine qui possède le port physique — le provider — partage un chemin de périphérique : /dev/ttyUSB0 sous Linux, COM3 sous Windows. Les machines autorisées — les consommateurs — montent alors un port virtuel local, que leurs applications ouvrent comme n’importe quel port série.
| Rôle | Plateforme | Ce que voit la machine |
|---|---|---|
| Provider | Windows ou Linux | Son port physique habituel (COM3, /dev/ttyUSB0…) ; c’est son chemin de périphérique qui est partagé. |
| Consommateur | Linux | Un pseudo-terminal /dev/ttyVIGIL-<nom>, utilisable par tout logiciel qui sait ouvrir un port série. |
| Consommateur | Windows | Un vrai port COM, créé par le driver « VIGIL Mesh Virtual Serial Port » (UMDF 2, en espace utilisateur) : visible du Gestionnaire de périphériques et des outils constructeur les plus anciens. |
Le transport est pensé « latence d’abord » : les octets partent en enregistrements de 4 Kio au plus, sans timer d’agrégation qui retarderait une trame courte. Une fenêtre de crédit de 32 Kio protège le périphérique côté provider ; côté consommateur, une file de réception de 64 Kio absorbe les rafales — en cas de débordement, les octets perdus sont comptés et l’application n’est jamais bloquée. Le tout circule chiffré de bout en bout dans la session mesh : les relais ne voient rien. Après une coupure, la session se reconnecte automatiquement et la configuration survit.
Le modèle d’accès distingue lecture et écriture : le flux reçu du périphérique est diffusé à tous les lecteurs (jusqu’à 8 attaches par partage), mais une seule machine écrit à la fois — écriture exclusive, les autres reçoivent « writer busy ». Plusieurs personnes peuvent donc observer la même console pendant qu’une seule tape.
Configurer pas à pas, depuis la console
Tout se configure dans la console web, onglet Virtual-IO d’un réseau — il n’y a pas de CLI. Et tout est désactivé par défaut : rien n’est partagé tant qu’un opérateur n’a pas créé un partage.
- 1Enrôlez les machines concernéesLe provider (la machine qui a le port) et chaque consommateur doivent être des machines du réseau — voir l’enrôlement d’une machine.
- 2Ouvrez l’onglet Virtual-IO du réseauDans la console, choisissez le réseau puis l’onglet Virtual-IO : il liste les partages existants et permet d’en créer.
- 3Créez le partageDonnez-lui un nom, choisissez la machine provider, saisissez le chemin du périphérique (
/dev/ttyUSB0,COM3…), puis les paramètres série : vitesse, parité, contrôle de flux. - 4Attribuez les droits, machine par machinePour chaque machine du réseau : aucun, lecture ou lecture-écriture. L’accès se décide machine par machine — pas de sous-réseau entier.
- 5EnregistrezLe contrôleur pousse la configuration aux nœuds concernés ; elle survit aux redémarrages et aux coupures.
- 6Ouvrez le port sur le consommateurSous Linux, le partage apparaît en
/dev/ttyVIGIL-<nom>; sous Windows, un port COM est créé par le driver livré avec l’installeur client. Vos outils l’ouvrent comme un port local.

# Le partage « banc » apparaît comme un pseudo-terminal
screen /dev/ttyVIGIL-banc 115200
# ou : minicom -D /dev/ttyVIGIL-banc -b 115200Cas concret : l’instrument est à 800 km, l’outil ne parle que COM
Un analyseur installé sur un site à 800 km expose sa configuration et son diagnostic sur un port RS-232. L’outil du constructeur — un exécutable Windows d’un autre âge — ne sait ouvrir qu’un port COM local : pas de TCP, pas d’option réseau, rien.
Les options classiques ont toutes un coût : expédier et installer un convertisseur serial-to-Ethernet puis lui construire un chemin réseau (VPN de site, redirection de port…) ; prendre la main sur un PC du site en espérant qu’il y en ait un près de l’instrument ; ou envoyer quelqu’un sur place avec un ordinateur portable.
- 1Une machine du site devient providerUn PC ou une box Linux déjà présents près de l’instrument (ou ajoutés pour l’occasion) sont enrôlés dans le réseau et reliés à l’instrument en RS-232 ou en USB-série.
- 2Créez le partage dans l’onglet Virtual-IONom « analyseur », machine provider, chemin du périphérique, vitesse et parité conformes à la documentation de l’instrument.
- 3Donnez lecture-écriture au poste du technicienSa machine Windows reçoit le droit lecture-écriture ; les autres restent à « aucun ». Enregistrez.
- 4L’outil constructeur ouvre le port COM virtuelSur le poste du technicien, le driver crée un vrai port COM : l’exécutable du constructeur l’ouvre comme si l’instrument était branché sur le poste. Les signaux modem et le break passent aussi (bêta : poste en mode testsigning requis aujourd’hui — voir « Limites et statut bêta »).
- 5Les collègues observent en lecture seuleBesoin d’un second avis ? Donnez un droit lecture à un autre poste : il voit le même flux en direct, sans pouvoir écrire.
Paramètres série et signaux pris en charge
| Paramètre | Valeurs prises en charge |
|---|---|
| Vitesse (baud) | 115 200 par défaut ; accepté par la configuration jusqu’à 4 000 000 |
| Parité | Aucune, paire (even), impaire (odd) |
| Contrôle de flux | Aucun, matériel RTS/CTS, logiciel XON/XOFF |
| Format de trame | 8 bits de données, 1 bit de stop (réglage de l’interface) |
| Signaux modem | DTR, RTS, CTS, DSR, CD, RI propagés entre consommateur et provider (sémantique type RFC 2217) |
| Break | Propagé |
Limites et statut bêta
Virtual-IO est inclus dans le produit ; les formules et quotas sont détaillés sur la page tarifs.