VIGIL MESH

Documentation

VPN site à site : la version mesh, sans IPsec

Le VPN site à site est le grand classique des réseaux d'entreprise : des tunnels IPsec entre routeurs qui relient l'agence, l'atelier ou le site distant au réseau principal. Le modèle fonctionne, mais il vieillit mal — configuration par routeur, adresses IP fixes, tout le trafic qui transite par le siège. L'approche mesh renverse le schéma : chaque machine devient un pair du réseau, les chemins sont directs de site à site, et aucun concentrateur n'est nécessaire. Cette page compare honnêtement les deux modèles et montre comment monter l'équivalent site à site avec VIGIL-MESH.

À quoi sert un VPN site à site classique

Un VPN site à site relie des réseaux entiers entre eux plutôt que des utilisateurs individuels : le réseau de l'agence est raccordé au réseau du siège, et les machines des deux côtés se joignent comme si elles partageaient la même infrastructure. C'est lui qui permet à l'atelier d'atteindre l'ERP central, à l'agence d'imprimer sur le serveur du siège, ou au site distant de remonter ses données de production.

L'implémentation traditionnelle repose sur IPsec : un tunnel chiffré établi entre deux routeurs ou pare-feu, un à chaque extrémité. Chaque paire de sites à relier exige son tunnel, avec sa configuration de part et d'autre — sélecteurs de trafic, plages d'adresses, clés partagées ou certificats. Dans la pratique, la plupart des entreprises n'interconnectent pas tous les sites entre eux : elles construisent une étoile, où chaque site ouvre un tunnel vers le siège, qui sert de plaque tournante pour tout le trafic inter-sites.

Là où le site à site classique fait mal

Quiconque a exploité un parc de tunnels IPsec reconnaîtra ces douleurs. Elles ne tiennent pas à un fournisseur en particulier : elles découlent du modèle lui-même.

Une configuration par routeur

Chaque tunnel se configure des deux côtés, sur des équipements souvent hétérogènes. Ajouter un site, changer une plage d'adresses ou renouveler des clés se fait équipement par équipement, avec les erreurs d'appariement que cela implique.

Des adresses IP fixes exigées

Les extrémités des tunnels doivent se trouver : il faut des adresses publiques stables, ou de la gymnastique pour les sites en adresse dynamique, en 4G ou derrière le NAT d'un opérateur.

Tout transite par le siège

En étoile, le trafic entre deux agences remonte au siège avant de redescendre : chemin allongé, latence doublée, et un lien central à dimensionner pour la somme de tous les flux.

Le concentrateur, point de panne unique

Si le concentrateur du siège tombe — panne matérielle, mise à jour ratée, coupure du lien —, tous les sites perdent l'interconnexion en même temps, même quand chaque site fonctionne parfaitement de son côté.

L'approche mesh : des pairs, pas des tunnels

Un VPN mesh part d'un autre postulat : au lieu de relier des routeurs par des tunnels, chaque machine devient un pair du réseau. Les pairs s'authentifient auprès d'un plan de contrôle, puis établissent entre eux des connexions directes et chiffrées — de machine à machine, de site à site, sans point de passage obligé. La topologie n'est plus dessinée à la main dans des configurations de routeurs : elle découle de l'appartenance au réseau.

  • Chemins directs point à point : le trafic entre deux sites va de l'un à l'autre par le chemin le plus court, sans détour par un siège ou un concentrateur.
  • Pas de concentrateur à dimensionner ni à sauvegarder : aucun équipement central ne porte le trafic inter-sites, donc aucun ne peut le faire tomber.
  • Pas d'adresse fixe requise : les connexions sont établies vers l'extérieur, ce qui fonctionne derrière un NAT, en 4G/5G ou en adresse dynamique, sans ouvrir de port entrant.
  • Îlots autonomes : si l'accès Internet d'un site coupe, les machines de ce site continuent de se parler localement ; le réseau ne s'effondre pas avec le lien.

IPsec site à site et mesh, face à face

La comparaison honnête ne consiste pas à dire que le mesh gagne partout : les deux modèles ne placent pas l'unité de gestion au même endroit. IPsec raisonne en réseaux reliés par des routeurs ; le mesh raisonne en machines membres d'un réseau logique.

IPsec site à siteVPN mesh
Unité de baseLe tunnel entre deux routeursLa machine, pair du réseau
TopologieÉtoile autour du siège, ou maillage de tunnels configurés à la mainMaillage direct, dérivé de l'appartenance au réseau
Chemin inter-sitesTransite par le concentrateur centralDirect de site à site, le plus court
Prérequis réseauAdresses publiques stables, ports IPsec ouvertsAucun port entrant, fonctionne derrière NAT et adresses dynamiques
Ajout d'un siteNouveau tunnel à configurer des deux côtésEnrôler les machines du site dans le réseau
Panne du point centralInterconnexion perdue pour tous les sitesPas de point central ; chaque site reste un îlot autonome
Machines sans agentCouvertes d'office : le routeur embarque tout le sous-réseauVia un nœud passerelle, hôte par hôte, sélection explicite
ChiffrementIPsec, selon les suites configurées sur chaque équipementQUIC/TLS 1.3 de bout en bout, échange de clés hybride post-quantique

Monter un « site à site » avec VIGIL-MESH

Avec VIGIL-MESH, l'équivalent du site à site ne passe ni par des tunnels ni par des routeurs : il se construit avec les briques du produit — réseaux, adresses stables, MagicDNS et politique d'accès. Des clients existent pour Windows, Linux, Android, Jetson et le navigateur (WASM).

  1. 1
    Créez un réseau pour les machines qui doivent se voirUn réseau VIGIL-MESH est un domaine de diffusion : regroupez-y les machines des différents sites qui doivent réellement communiquer, qu'elles soient au siège, à l'agence ou à l'atelier.
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    Enrôlez les machines de chaque siteChaque machine installée rejoint le mesh en sortie, sans port entrant à ouvrir ni adresse publique à réserver sur les box ou routeurs des sites. Elle reçoit une adresse stable qui la suit partout.
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    Couvrez les équipements sans agent via une passerellePour l'imprimante, l'automate ou le serveur hérité qui ne peut pas exécuter l'agent, un nœud du même LAN sert de passerelle et publie les hôtes explicitement sélectionnés — pas le sous-réseau entier.
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    Écrivez la politique d'accès (ACL)Décrivez qui joint quoi entre les sites : l'atelier atteint l'ERP, l'agence atteint le serveur de fichiers, et rien d'autre. La politique se définit une fois dans la console et se distribue aux membres.
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    Nommez les services avec MagicDNSLes machines se joignent par un nom court résolu localement, plutôt que par des plans d'adressage à faire correspondre entre sites. Les adresses stables font le reste.

Questions fréquentes

Peut-on relier deux réseaux entiers plutôt que des machines ?
L'approche VIGIL-MESH est délibérément explicite : les machines s'enrôlent une à une, et les équipements sans agent sont publiés via un nœud passerelle, hôte par hôte, sur sélection explicite. Un sous-réseau entier n'est jamais publié implicitement comme le ferait un routeur IPsec : c'est un choix de maîtrise, chaque équipement joignable l'est parce qu'on l'a décidé.
Que se passe-t-il si Internet tombe sur un site ?
Le site devient un îlot autonome : les machines locales continuent de se joindre entre elles, car il n'y a pas de concentrateur central dont dépendrait le trafic local. À la reprise du lien, les chemins vers les autres sites se rétablissent.
Faut-il des adresses IP fixes ou des ports ouverts sur chaque site ?
Non. Les nœuds établissent toujours leurs connexions vers l'extérieur : aucun port entrant à ouvrir, aucune adresse publique fixe à réserver. Un site en 4G, derrière un NAT d'opérateur ou en adresse dynamique participe au mesh comme les autres.
Le trafic inter-sites passe-t-il par un serveur central ?
Non, pas en régime établi. Quand un chemin direct n'est pas encore disponible, le trafic transite temporairement par un relais aveugle — qui ne détient pas les clés et peut être auto-hébergé —, puis la session migre vers le chemin direct sans coupure. Le chiffrement QUIC/TLS 1.3 reste de bout en bout dans les deux cas.
Faut-il remplacer les tunnels IPsec existants d'un coup ?
Non. Le mesh opère au niveau des machines, indépendamment des tunnels de routeurs : vous pouvez enrôler d'abord les machines d'un site pilote, vérifier les flux qui comptent, puis étendre site par site et décommissionner les tunnels au rythme qui vous convient.
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