VIGIL MESH

Documentation

Alternative à Tosibox : la télémaintenance sans clé matérielle

Le modèle Tosibox a une élégance que tout le monde comprend : une serrure dans l’armoire, une clé dans la poche, et l’appairage physique des deux crée le droit d’accès. Pas de compte à expliquer, pas d’abstraction — la confiance tient dans la main. VIGIL-MESH répond au même besoin de télémaintenance avec le geste inverse : des identités logicielles plutôt que des objets. Une machine Windows ou Linux du réseau machine devient la passerelle, chaque technicien est une identité protégée par MFA, et donner ou retirer un accès est une règle que l’on écrit — pas un objet que l’on distribue ou que l’on court récupérer. Cette page compare honnêtement les deux modèles, puis détaille la migration pour un intégrateur.

Ce que Tosibox fait très bien

Le modèle Tosibox repose sur deux objets : la serrure (Lock), un boîtier installé sur le site à côté des équipements, et la clé (Key), un objet physique remis à l’intervenant — avec des déclinaisons logicielles et mobiles selon l’offre du fournisseur. L’appairage se fait physiquement, en présentant la clé à la serrure, et ce lien matérialisé gouverne ensuite les connexions : des tunnels chiffrés point à point entre la clé et la serrure, directs quand le réseau le permet.

La confiance tient dans la main

L’appairage physique est compréhensible par tous — l’électricien, l’acheteur, le RSSI : qui détient la clé accède, qui ne la détient pas n’accède pas. Aucun modèle mental à enseigner.

Point à point, sans cloud obligatoire au milieu

Les connexions relient la clé à la serrure, en direct quand le réseau le permet. Ce choix d’architecture, sobre, plaît à juste titre aux environnements industriels prudents.

Un déploiement qui tient en trois gestes

Brancher la serrure, appairer la clé, la remettre à l’intervenant. Pour équiper un site isolé ou un prestataire, la simplicité du rituel est une vraie qualité.

  • Machine sans OS et aucun PC sur le réseau machine. L’agent VIGIL-MESH est un logiciel : il lui faut un système d’exploitation. Si le réseau machine ne contient qu’un automate nu et que rien n’autorise à y ajouter une machine Linux ou Windows, le boîtier dédié reste la solution naturelle.
  • Besoin d’un routeur 4G intégré au boîtier. Sur un site sans Internet filaire, un boîtier qui apporte aussi la connectivité cellulaire rend deux services en un. VIGIL-MESH ne fournit pas la connectivité : il la traverse.
  • Politique imposant le matériel — y compris le jeton physique. Si la politique de sécurité du client exige un équipement dédié au schéma électrique, ou un jeton d’accès matériel remis en main propre, le modèle clé + serrure est précisément conçu pour cela.

Le modèle clé + serrure, et ce qu’il implique à l’échelle

La force du modèle — la confiance matérialisée par des objets — devient sa charge quand le parc et les équipes grandissent. Rien de caché là-dedans : c’est la conséquence logique du choix d’architecture, assumé par le fournisseur.

  • Des objets à acheter, suivre et récupérer. Chaque site reçoit sa serrure, chaque intervenant sa clé : un inventaire matériel à financer et à tenir. Le départ d’un technicien ou la fin d’un contrat de prestation devient une opération logistique — récupérer ou invalider l’objet — là où l’on voudrait une simple règle à modifier.
  • Un boîtier par site ou par machine. Comme pour tout modèle matériel : achat, stock de rechange, câblage, remplacement — y compris dans des armoires qui contiennent déjà un PC industriel.
  • L’accès est point à point vers une serrure. On joint un site à la fois, par le tunnel de sa serrure. Le parc n’est pas un réseau que l’on parcourt avec ses outils : c’est un trousseau de tunnels.
  • La mise en relation reste un service. Quand le chemin direct n’aboutit pas, l’infrastructure du fournisseur aide à établir ou relayer la connexion — pour le détail des garanties, sa documentation fait foi.

L’approche VIGIL-MESH : des identités plutôt que des objets

VIGIL-MESH transpose le modèle en logiciel. La serrure devient une passerelle logicielle : un agent installé sur une machine Windows ou Linux du réseau machine — PC industriel, box Linux, NVIDIA Jetson —, qui rejoint votre réseau privé par une seule connexion sortante et relaie les flux autorisés vers l’automate, sans aucun port entrant. La clé devient une identité : chaque technicien s’authentifie avec son compte (protégé par MFA), depuis un poste enrôlé ou même un simple navigateur. Le montage côté automate est détaillé dans Accès distant à un automate (PLC).

Donner un accès = écrire une règle

Un nouveau prestataire ? Une identité, un groupe, une ACL : il joint la passerelle du site concerné, sur les ports utiles, et rien d’autre — refus par défaut. Aucun objet à expédier, aucune tournée d’appairage.

Retirer un accès = un clic, pas une course

La révocation est immédiate depuis la console : l’identité perd toute joignabilité, l’audit garde la trace de chaque session passée. Personne ne court après une clé dans la poche d’un ancien intervenant.

Un vrai LAN de parc, pas un trousseau

Toutes les passerelles et les postes autorisés sont membres du même réseau privé : noms MagicDNS lisibles, découverte et multicast entre membres, terminal SSH depuis le navigateur. Le parc se parcourt comme un réseau local.

Chiffré de bout en bout, relais aveugles

Sessions QUIC/TLS 1.3 chiffrées de bout en bout avec échange de clés hybride post-quantique. Le chemin direct est recherché en priorité ; quand un relais est nécessaire, la vigie transporte des paquets opaques sans détenir les clés — et la vigie privée s’auto-héberge chez vous.

Comparatif qualitatif

CritèreTosibox (Lock + Key)VIGIL-MESH
Matériel requisUne serrure par site ou machine, une clé par intervenant (déclinaisons logicielles selon l’offre)Aucun matériel dédié : un agent logiciel sur une machine Windows/Linux du réseau machine — souvent déjà présente
Modèle réseauTunnels point à point entre clés et serrures — un site à la foisVrai LAN mesh permanent : passerelles et postes membres du même réseau privé, joignables par nom
Multicast / découverteSelon le mode du tunnel et la configuration choisieMulticast et découverte de vrai LAN entre les membres du mesh (mDNS, protocoles de découverte)
Port sérieSelon les interfaces du boîtier et le modèle choisiVirtual-IO, port série à distance — en bêta
Temps réel UDP / vidéoTrafic transporté dans le tunnel VPN ; chemin direct ou assisté par l’infrastructure du fournisseur selon le réseauUDP de bout en bout, chemin direct pair-à-pair dès que la traversée NAT aboutit, migration sans coupure
Terminal SSH navigateurNon prévu par le modèle clé + serrure lui-même ; voir l’offre du fournisseurOui : client SSH exécuté dans la page, identifiants jamais transmis à nos serveurs
Modèle de confiance du cloudConfiance ancrée dans l’appairage physique clé-serrure ; mise en relation assistée par l’infrastructure du fournisseur quand nécessaire — sa documentation fait foiRelais structurellement aveugles : sessions E2E QUIC/TLS 1.3 + hybride post-quantique, le relais ne détient jamais les clés
Auto-hébergement du relaisSelon l’offre du fournisseur (composants centraux dédiés)Oui : vigie privée auto-hébergeable — le chemin relayé passe par une machine à vous

Migrer : le scénario intégrateur

Le cas type : un intégrateur qui équipe des machines chez ses clients avec une serrure par armoire, et dont les techniciens — et parfois les clients — détiennent des clés. Le panorama complet du sujet est dans Télémaintenance industrielle.

Le rituel clé + serrure a bien servi. Mais le parc a grandi, les équipes tournent, et la confiance-objet montre son coût :

  • Une serrure à acheter et câbler par machine livrée — y compris dans des armoires qui contiennent déjà un PC industriel.
  • Des clés à financer, distribuer, inventorier — et à récupérer ou invalider à chaque départ de technicien, fin de contrat de prestation ou perte.
  • Des accès point à point : chaque intervention ouvre le tunnel d’un site ; superviser le parc entier ou comparer deux machines n’est pas le geste naturel du modèle.
  • Des demandes des clients finaux : qui détient une clé vers leur site, comment la retirer vite, quelle trace reste de chaque session.

La migration remplace les deux objets à la fois : la serrure par une passerelle logicielle sur une machine déjà présente, la clé par une identité que l’on crée, restreint et révoque en quelques secondes.

Questions fréquentes

Peut-on garder les serrures et clés Tosibox existantes pendant la migration ?
Oui, et c’est la méthode recommandée. Les deux systèmes coexistent sans conflit : la serrure conserve ses tunnels, la passerelle VIGIL-MESH établit ses propres connexions sortantes. Vous migrez machine par machine, retirez la serrure quand la passerelle a fait ses preuves, et récupérez les clés physiques au fil des visites.
Que devient le geste « je retire la clé, l’accès disparaît » ?
Il devient plus rapide encore : la révocation depuis la console est immédiate et ne suppose pas de récupérer un objet. L’identité révoquée perd toute joignabilité à l’instant, où que soit la personne — et l’audit garde la trace de toutes ses sessions passées, ce qu’un objet physique ne raconte pas.
Un poste perdu ou volé donne-t-il accès au parc ?
Non, pas plus qu’il n’y était autorisé : les ACL en refus par défaut limitaient déjà ce poste à ce que ses droits permettaient. Dès la perte constatée, on le révoque depuis la console — effet immédiat — et les comptes restent protégés par MFA : le poste seul, sans le facteur supplémentaire, ne suffit pas.
Peut-on vraiment se passer de tout matériel dédié ?
À une condition, dite honnêtement : il faut une machine Windows ou Linux sur le réseau machine — c’est elle qui remplace la serrure. Souvent, le PC industriel de l’IHM est déjà là ; sinon, une petite machine Linux dans l’armoire suffit. S’il ne peut pas y en avoir, ou si le boîtier doit aussi apporter la 4G, le matériel dédié reste le bon choix.
Qui peut voir le trafic de télémaintenance ?
Personne d’autre que les deux extrémités. Les sessions sont chiffrées de bout en bout (QUIC/TLS 1.3, échange de clés hybride post-quantique) ; le chemin direct est recherché en priorité, et quand un relais est nécessaire, la vigie fait transiter des paquets opaques sans détenir les clés. La vigie privée s’auto-héberge si vous voulez aussi posséder le relais.
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